Cine Qua Non

Cinéma

Renouveau

 

 

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Bonjour à tous,

Après une très longue pause et avoir beaucoup réfléchi, je reviens alimenter ce blog. Pourquoi cette longue absence? Tout d'abord, manque de temps, rentrée dans la vie active etc... mais la raison principale est que je me trouvais de moins en moins légitime de critiquer un film et indirectement toute une équipe technique derrière un si grand projet qu'est la réalisation d' un long ou d' un court- métrage. Mes discussions avec quelques personnes qui ont étudié le septième art dans différentes écoles de cinéma  ou ont travaillé dans ce domaine en France mais aussi à l'étranger n'ont fait que qui confirmer ce sentiment d'illégitimité.  Comment, moi, spectatrice lembda, qui ne connait  seulement que quelques notions en terme de cinéma en lisant par- ci par - làquelques livres spécialisés, qui  n'a jamais touché une caméra ( à part le vieux camescope familial pour filmer un repas de famille ou les vacances au bord de la mer)  et encore moins réalisé un film, je peux me permettre de critiquer le travail , de personnes dont le cinéma est leur métier.  Et difficile de s'attaquer à des pointures comme Scorsese,  Truffaut, Jean - Luc Godard OU la plus jeune génération comme Tarantino, Refn et j'en passe... qui ont inventé et réinventé à leur manière le cinéma. Il ne s'agissait donc, en aucun cas, d'un désamour pour le cinéma.

J'ai seulement décidé de modifier le contenu de  ce blog en ne postant plus de critiques  que je trouvais d'ailleurs médiocres) mais plutôt en parlant de scènes de films qui m' ont marquées et marquent toujours mon expérience de spectatrice.  Vous savez ces scènes qui vous laissent scotchés à votre siège ou qui, en un seul plan, vous bouleversent et changent votre manière de concevoir les choses etc...? C'est donc de  cette manière là que je veux aborder,désormais, le cinéma . De plus , je pense que cette initiative sera plus fidèle au titre que j'ai donné à ce blog car bien au - delà du jeu de mot avec l'expression latine , il est censé représenter le très grand intérêt que j'ai pour cet Art qui comme le chantait Gainsbourg est une  des " conditions sine qua non de ma raison".

C'est reparti...;)

 

 

source de la photo: le génialissime tumblr cinématographique iwdrm.tumblr.com

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14 octobre 2014

La isla mínima

de Alberto Rodriguez
(sortie:2014)
Scénario de Alberto Rodriguez et Rafael Cobos

 

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Espagne, au début des années 80. Deux flics idéologiquement opposés doivent travailler ensemble pour retrouver le meutrier de deux adolescentes dans les zones marécageuses du Guadalquivir ...

{La course poursuite nocturne dans la lagune}

 

Un ciné entre collocs. « Tu as entendu parler du film La isla mínima ? Les critiques sont bonnes et la bande annonce laisse penser que c'est de la même veine que True Detective » Alors, puisque toute mention à cette série américaine attise ma curiosité, j'accepte l'innvitation. Et pourtant, à la fin du visionnage du film, je n'ai pas eu l'impression d`avoir vu une simple et pâle copie de True Detective. Certes, on retrouve quelques similitudes : deux flics espagnols dans l'Espagne de la transition démocratique ( début des années 80) qui ne sont pas franchement ami-ami, ils sont chargés de mener l'enquète sur le meurtre de deux jeunes filles dans l'Espagne profonde sur les rives du Guadalquivir et on a le droit aussi à une nature plutôt marécageuse. Oui, mais Alberto Rodriguez développe aussi ici son propre univers et sa propre manière de diriger son film. Le cinéaste filme de manière grandiose les paysages de cette région espagnole. Difficile de ne pas être séduite par ces plans larges en contre plongées sur les rives et les lagunes du Guadalquivir, une nature aussi belle qu'hostile. Et on se surprend mème à entrevoir des formes tels qu'un cerveau humain. J'espère vivement que ce film sera distribué dans de nombreux pays parce qu'il vaut vraiment le coup.
Bref, passons maintenant à une des scènes les plus efficaces à mon avis, celle de la course poursuite en pleine nuit. Alors non pas d'effets spéciaux et de cascades à gogo.L'intrigue du film se situe au début des années 80, du coup pas de gros engins à vitesse à la Fast & Furious et grand merci (désolée pour les fans de la saga) mais une traque beaucoup plus subtile. La scène débute dans la voiture de nuit sur une route de campagne. La caméra est placée derrière le conducteur et filme la route devant. Puis elle vient se placer à la place pasager à côté de Pablo, un des flics chargés de l'affaire des meurtres des deux jeunes filles. Il est filmé de profil, son visage est fermé. Puis la caméra se replace derrière lui et filme une autre fois la route. Ce procédé a son effet puisque, comme spectateur nous avons l'impression d'ètre avec le personnage dans la voiture. Nous sommes donc de suite émergés dans l'action. Nous voyons la voiture de devant qui tourne à droite et qui laisse place à une automobile blanchequi va capter notre attention pendant tout le reste de la scène. La caméra fait un gros plan sur le visage de Pablo qui apparait soudainement surpris. Le plan suivant est un zoom sur une vignette collée sur le parebrise arrière de la voiture. L'on reconnait le logo présent sur un carnet tenu par une des autres victimes supposées du tueur. Un tracteur ralentit la circulation. Le tétective y voit l'occasion de doubler la voiture pour savoir qui en est le conducteur. Manque de peau, une voiture arrive en face. La force de cette scène est que comme la caméra filme tout depuis la voiture du flic, le spectateur ressent la même émotion et plus particulièrement la même tension que le protagoniste. Finalement , les deux voitures dépassent le tracteur et débute une course poursuite dans la campagne marécageuse. Seuls les phares de la voiture éclaire la scène. La voiture du flic se rapproche de l'autre et soudain une tête surgit depuis le coffre. La nervosité se lit sur le visage et les gestes de Pablo qui ne dit pas un mot durant toute la scène. Les éléments naturels plutôt hostile s'en mêle, le brouillard environnant qui se fait peu à peu plus épais l'isole de plus en plus. Alors que jusque là, nous repérions la voiture blanche grâce à ces feux arrières, nous ne voyons désormais plus grand chose, seulement ce rideau nuageux intense. Et puis d'un seul coup plus rien...

 

voir la scène

 

Posté par zaboue à 01:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]

18 juin 2014

Laurence anyways

de Xavier Dolan
(sortie:2013)
Scénario de Xavier Dolan

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Le parcours d'un homme qui décide de devenir une femme.


{Le cours de littérature}

      Comme si de rien n'était, après deux petits mois d'absence, je passe faire un tour par ici. La consécration de Xavier Dolan qui n'a pas obtenu Palme d'Or au dernier festival de Cannes mais a partagé le prix du jury avec Jean-Lug Godard, (rien que ça) et a gagné l'enthousiame du public, m'a donné envie de parler d'un de ses films presenté à Cannes , toujours, mais pas en compétition officielle: Laurence Anyways.

      Ce long-métrage pullule de scènes très intéressantes au niveau de la mise en scène mais mon choix, pour ajourd'hui, s'est arrêté sur l'extrait du cours de littérature. Pour resituer la scène dans son contexte, c'est le moment où le personnage principal, Laurence, décide pour la première fois d'aller en travail en femme. Et ce monsieur ne fait pas n'importe quel job: prof. Une profession qui, en plus d'exiger de savoir enseigner , implique d'avoir cette capacité d'accepter le regard des autres sur soi. Justement, cette histoire de regard est omniprésente dans le film (dès la scène d'introduction précisément). La scène débute avec un plan large d'une salle de classe vu de dos avec des étudiants qui discutent en attendant le prof. Puis une porte s'ouvre lentement à gauche de l´écran et Laurence entre dans la classe avant de se placer au centre, au centre de tous les regards exactement, celle des étudiants mais aussi des spectateurs. Le silence s'installe. Pesant. Laurence ne bouge pas. Il semble plutôt mal à l'aise. Ce que j'aime à ce moment là, c'est que Laurence est placé devant des affiches représentant des philosophes qui ont chacun à leur manière fait évoluer le mode de pensée de l´humanité et que par son initiative, cet homme s'inscrit aussi dans cette lignée. D'autre part, Xavier Dolan a eu la bonne idée d'inscrire cette scène dans une classe, qui est une microsociété avec les jugements qu'elle suppose.

     Au bout d'une trentaine de seconde de silence, une main se lève. On remarque alors toute la tension du personnage principal qui sursaute furtivement face à ce geste pourtant innocent. Et la réplique de la jeune fille constitue à mon avis, toute la magie de cette scène. En effet, cette remarque banale par rapport au cours montre que la transexualité de son prof lui est parfaitement égal. Puis le morceau Moisture de Headman commence, ce qui rompt le silence et la caméra fait un zoom avant sur le visage de Laurence, qui esquisse un léger sourire, signe de sa première victoire. Le deuxième plan se focalise sur les pieds de Laurence ou plutôt ses chaussures à talons alors qu'il traverse un couloir du lycée, à la vue de tous. Puis un autre plan sur ses fesses et ses hanches et enfin la caméra se focalise à la fois sur le visage des personnes présentes, les profs, les élèves sur lesquels se lisent différentes expressions comme la surprise, le consentement, le dédain etc...et sur la figure de Laurence, filmé cette fois-ci de face, son réel contentement et épanouissement.


voir la scène

 

 

 

Posté par zaboue à 15:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 avril 2014

la Belle et la Bête

de Gary Trousdale et Kirk Wise 
(sortie: 1992)

Scénario de Roger Allers, Lida Woolverton, Rob Minkoff & Chris Sanders

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Belle, une jeune villageoise un peu rêveuse part à la recherche de son père qui n’est pas revenu depuis quelques jours. Elle arrive alors dans un château qui  semble abandonné…

{La mort de la Bête}

     Parler des scènes de cinéma qui m’ont marquées suppose de parler de mon premier souvenir dans une salle obscure. J’ai donc décidé aujourd’hui de vous parler de la Belle & la Bête de Disney, un de mes dessins animés préférés et surtout mon premier souvenir et mon premier gros chagrin de cinéma. Pourquoi? Tout d’abord, il faut savoir que la Belle est l’héroïne Disney à qui je m’identifiais le plus étant petite. C’est une des seules héroïnes qui n’est pas blonde, hyper naïve et princesse au départ ce qui aide pour l’identification. Et puis, je me retrouvais dans son caractère un peu rêveur, la tête souvent dans les bouquins etc… Et enfin, elle a un caractère un peu volontaire, effronté et moins nunuche que les autres qui me plaisait. Bref, selon mes parents, la Belle et la Bête est le deuxième film que je suis allée voir au cinéma après le triomphe de Babar mais si je ne garde aucun souvenir de la séance ce dernier, c’est tout le contraire pour le Disney. Cela a été une séance dramatique pour moi et … mes parents.

    Les deux premiers tiers du film se sont correctement déroulés. Certes, j’ai eu un peu peur la première fois que la Belle entre dans le château de la Bête mais rien de grave. Et arrive le troisième tiers du film et cette scène fatidique de la mort de la bête (notez bien que je dis la mort et non la transformation). Tout au long du film, on s’attache au caractère rustre de cette créature poilue mais pas si méchante que ça au fond. Et voilà que le Gaston veut sa peau. La bête finit par mourir d’épuisement. Alors , cette scène autant le dire, je l’ai vécu comme un vrai drame. Les larmes ont commencé à couler et puis j’ai éclaté en sanglot tellement fort que mon papa a été obligé de me sortir de la salle. Les agents de caisse ont demandé ce qui n’allait pas ce à quoi mon père leur a répondu qu’il n’y avait rien de grave et qu’on était juste arrivé au moment où la bête va mourir.  Et là, il s’adresse à moi en me disant qu’il ne faut pas que je pleure parce que la bête se transforme finalement en prince. On rentre de nouveau dans la salle, on se rassoit et je découvre , toujours les larmes aux yeux, la transformation de la bête et là… vision d’horreur !!

    Il faut bien le dire, le prince de la Belle et la Bête est un des héros les moins réussis des films Disney. Autant dire que je n’ai jamais retrouvé le caractère et le charisme  de la Bête dans cet éphèbe aux cheveux longs et blonds et aux yeux bleus niaiseux … D’ailleurs, même la Belle met du temps à le reconnaitre, c'est dire... Là, je me tourne vers mon père et lui dit: « Mais il est pas beau le prince !! » Le jugement des enfants est parfois  cruel …

 

voir  la scène

 

 

Posté par zaboue à 15:41 - Commentaires [0] - Permalien [#]

24 mars 2014

Inglourious Basterds { la vengeance de Shoshannah}


de Quentin Tarantino (sortie: 2009)

Scénario de Quentin Tarantino

 

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   Après avoir assisté à l'exécution de sa famille par le colonel nazi Hans Landa ( Christoph Waltz) ,  Shoshannah Dreyfuss (Mélanie Laurent), une jeune juive,  fuit  à Paris où elle prépare discrètement sa vengeance dans les coulisses d'un cinéma . De son côté, le lieutenant Aldo Raine ( Brad Pitt) dirige une troupe de soldats formés pour combattre dans le  sang les nazis...


                       {La vengeance de Shoshannah}


     Quoi de mieux pour commencer ce renouveau du blog avec une scène qui se déroule dans une salle de cinéma? A chaque fois que j’entends parler du film Inglourious Basterds, c’est toujours ce moment qui me revient en mémoire, avec celui, bien sûr, du tête à tête entre le colonel Hans Landa (génialissime Christop Waltz) et Shoshannah ( Mélanie Laurent) mais ce deuxième  extrait sera l’occasion d’un autre article. Alors pourquoi cette scène  de vengeance précisément ?

   Il faut tout d’abord recontextualiser mon visionnage du film au cinéma. La  salle était bondée comme souvent lorsqu’un film de Tarantino sort sur  grand écran. Il ne restait donc plus que les places de devant. Pas un très bon emplacement, vous allez me dire. Mais , justement pour cette scène là, si!! Cet extrait,  est à mon avis le point culminant du film ( ceux qui n’ont pas vu le film, arrêtez ici votre lecture pour ne pas être spoiler et revenez plus tard quand vous l’aurez visionné ;) ) puisque Shoshannah, même si elle n’est pas dans un très bon état, arrive finalement à mettre sa vengeance à exécution. Le film de propagande nazie projeté sur l’écran est interrompu et laisse apparaître le visage de la jeune femme pleine de rage déclamant toute sa haine envers les nazis avant que son petit-ami, lance un mégot de cigarette encore allumé sur un tas de pellicules, embrasant l’écran et la salle entière. Et c’est là toute la magie de cette scène puisque le malin Tarantino utilise le procédé de la mise en abyme (le cinéma dans le cinéma) qui donne l’impression aux spectateurs d’être parmi la foule des nazis et d’assister à ce spectacle fatal. Bref, un vrai moment de cinéma. De plus, loin de moi l’idée de faire ma franchouillarde, mais Mélanie Laurent est dans cette scène stupéfiante. Le ton de sa voix, son rire diabolique et la force de son regard qui disparaissent peu à peu dans les flammes est, à ce moment précis,  juste incroyable. C’est, selon moi, un des meilleurs rôles de sa jeune carrière, et une de ses scènes qui te fait dire, qu’indéniablement, un Tarantino DOIT  se voir dans une salle obscure.


voir la scène

 

 

 

 

 

Posté par zaboue à 22:38 - Commentaires [0] - Permalien [#]