Cine Qua Non

Cinéma

14 octobre 2014

La isla mínima

de Alberto Rodriguez
(sortie:2014)
Scénario de Alberto Rodriguez et Rafael Cobos

 

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Espagne, au début des années 80. Deux flics idéologiquement opposés doivent travailler ensemble pour retrouver le meutrier de deux adolescentes dans les zones marécageuses du Guadalquivir ...

{La course poursuite nocturne dans la lagune}

 

Un ciné entre collocs. « Tu as entendu parler du film La isla mínima ? Les critiques sont bonnes et la bande annonce laisse penser que c'est de la même veine que True Detective » Alors, puisque toute mention à cette série américaine attise ma curiosité, j'accepte l'innvitation. Et pourtant, à la fin du visionnage du film, je n'ai pas eu l'impression d`avoir vu une simple et pâle copie de True Detective. Certes, on retrouve quelques similitudes : deux flics espagnols dans l'Espagne de la transition démocratique ( début des années 80) qui ne sont pas franchement ami-ami, ils sont chargés de mener l'enquète sur le meurtre de deux jeunes filles dans l'Espagne profonde sur les rives du Guadalquivir et on a le droit aussi à une nature plutôt marécageuse. Oui, mais Alberto Rodriguez développe aussi ici son propre univers et sa propre manière de diriger son film. Le cinéaste filme de manière grandiose les paysages de cette région espagnole. Difficile de ne pas être séduite par ces plans larges en contre plongées sur les rives et les lagunes du Guadalquivir, une nature aussi belle qu'hostile. Et on se surprend mème à entrevoir des formes tels qu'un cerveau humain. J'espère vivement que ce film sera distribué dans de nombreux pays parce qu'il vaut vraiment le coup.
Bref, passons maintenant à une des scènes les plus efficaces à mon avis, celle de la course poursuite en pleine nuit. Alors non pas d'effets spéciaux et de cascades à gogo.L'intrigue du film se situe au début des années 80, du coup pas de gros engins à vitesse à la Fast & Furious et grand merci (désolée pour les fans de la saga) mais une traque beaucoup plus subtile. La scène débute dans la voiture de nuit sur une route de campagne. La caméra est placée derrière le conducteur et filme la route devant. Puis elle vient se placer à la place pasager à côté de Pablo, un des flics chargés de l'affaire des meurtres des deux jeunes filles. Il est filmé de profil, son visage est fermé. Puis la caméra se replace derrière lui et filme une autre fois la route. Ce procédé a son effet puisque, comme spectateur nous avons l'impression d'ètre avec le personnage dans la voiture. Nous sommes donc de suite émergés dans l'action. Nous voyons la voiture de devant qui tourne à droite et qui laisse place à une automobile blanchequi va capter notre attention pendant tout le reste de la scène. La caméra fait un gros plan sur le visage de Pablo qui apparait soudainement surpris. Le plan suivant est un zoom sur une vignette collée sur le parebrise arrière de la voiture. L'on reconnait le logo présent sur un carnet tenu par une des autres victimes supposées du tueur. Un tracteur ralentit la circulation. Le tétective y voit l'occasion de doubler la voiture pour savoir qui en est le conducteur. Manque de peau, une voiture arrive en face. La force de cette scène est que comme la caméra filme tout depuis la voiture du flic, le spectateur ressent la même émotion et plus particulièrement la même tension que le protagoniste. Finalement , les deux voitures dépassent le tracteur et débute une course poursuite dans la campagne marécageuse. Seuls les phares de la voiture éclaire la scène. La voiture du flic se rapproche de l'autre et soudain une tête surgit depuis le coffre. La nervosité se lit sur le visage et les gestes de Pablo qui ne dit pas un mot durant toute la scène. Les éléments naturels plutôt hostile s'en mêle, le brouillard environnant qui se fait peu à peu plus épais l'isole de plus en plus. Alors que jusque là, nous repérions la voiture blanche grâce à ces feux arrières, nous ne voyons désormais plus grand chose, seulement ce rideau nuageux intense. Et puis d'un seul coup plus rien...

 

voir la scène

 

Posté par zaboue à 01:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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