Cine Qua Non

Cinéma

18 juin 2014

Laurence anyways

de Xavier Dolan
(sortie:2013)
Scénario de Xavier Dolan

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Le parcours d'un homme qui décide de devenir une femme.


{Le cours de littérature}

      Comme si de rien n'était, après deux petits mois d'absence, je passe faire un tour par ici. La consécration de Xavier Dolan qui n'a pas obtenu Palme d'Or au dernier festival de Cannes mais a partagé le prix du jury avec Jean-Lug Godard, (rien que ça) et a gagné l'enthousiame du public, m'a donné envie de parler d'un de ses films presenté à Cannes , toujours, mais pas en compétition officielle: Laurence Anyways.

      Ce long-métrage pullule de scènes très intéressantes au niveau de la mise en scène mais mon choix, pour ajourd'hui, s'est arrêté sur l'extrait du cours de littérature. Pour resituer la scène dans son contexte, c'est le moment où le personnage principal, Laurence, décide pour la première fois d'aller en travail en femme. Et ce monsieur ne fait pas n'importe quel job: prof. Une profession qui, en plus d'exiger de savoir enseigner , implique d'avoir cette capacité d'accepter le regard des autres sur soi. Justement, cette histoire de regard est omniprésente dans le film (dès la scène d'introduction précisément). La scène débute avec un plan large d'une salle de classe vu de dos avec des étudiants qui discutent en attendant le prof. Puis une porte s'ouvre lentement à gauche de l´écran et Laurence entre dans la classe avant de se placer au centre, au centre de tous les regards exactement, celle des étudiants mais aussi des spectateurs. Le silence s'installe. Pesant. Laurence ne bouge pas. Il semble plutôt mal à l'aise. Ce que j'aime à ce moment là, c'est que Laurence est placé devant des affiches représentant des philosophes qui ont chacun à leur manière fait évoluer le mode de pensée de l´humanité et que par son initiative, cet homme s'inscrit aussi dans cette lignée. D'autre part, Xavier Dolan a eu la bonne idée d'inscrire cette scène dans une classe, qui est une microsociété avec les jugements qu'elle suppose.

     Au bout d'une trentaine de seconde de silence, une main se lève. On remarque alors toute la tension du personnage principal qui sursaute furtivement face à ce geste pourtant innocent. Et la réplique de la jeune fille constitue à mon avis, toute la magie de cette scène. En effet, cette remarque banale par rapport au cours montre que la transexualité de son prof lui est parfaitement égal. Puis le morceau Moisture de Headman commence, ce qui rompt le silence et la caméra fait un zoom avant sur le visage de Laurence, qui esquisse un léger sourire, signe de sa première victoire. Le deuxième plan se focalise sur les pieds de Laurence ou plutôt ses chaussures à talons alors qu'il traverse un couloir du lycée, à la vue de tous. Puis un autre plan sur ses fesses et ses hanches et enfin la caméra se focalise à la fois sur le visage des personnes présentes, les profs, les élèves sur lesquels se lisent différentes expressions comme la surprise, le consentement, le dédain etc...et sur la figure de Laurence, filmé cette fois-ci de face, son réel contentement et épanouissement.


voir la scène

 

 

 

Posté par zaboue à 15:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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